
LES MELANGES
DE TERRES
Nous
abordons ici un sujet extrèmement important dans la culture du bonsaï.
Il
est bien évident que le substrat dans lequel sont cultivés les bonsaï n’est pas
une terre comme les autres. Non seulement la plante dispose d’un volume très
réduit, mais elle a besoin d’un bon équilibre entre les divers éléments pour
bénéficier d’un support suffisamment nourrissant, mais aussi aéré et retenant
bien l’humidité. Cette terre idéale n’existe pas dans le commerce. L’amateur de
bonsaï doit donc préparer soi-même ses mélanges.
Le
mélange de terre est fonction :
Ø de l’espèce de
l’arbre (conifère, feuillu).
Ø du lieu de
culture (climat, exposition).
Ø de la hauteur
de l’arbre (shohin bonsaï ou grand bonsaï).
Ø de l’âge de
l’arbre.
Un
mélange de terre doit être :
Ø propre et
sain.
Ø aéré car les
racines :
·
consomment de l’oxygène (si celui-ci n’est pas présent dans
le substrat, elles vont le chercher là où il se trouve, c’est à dire en dehors
du pot ou tout autour de la terre à l’intérieur du pot).
·
rejettent du gaz
carbonique qui, si on le laisse s’accumuler dans la terre, a un effet toxique
mortel, et est favorable au développement de la pourriture.
l’air doit y pénétrer sans pour cela
qu’il y ait des poches d’air, car les éléments tels argiles ou éléments
organiques, qui dans le temps s’affinent, viennent les comblés. L’ensemble se
tasse, l’eau pénètre de plus en plus difficilement, ne parvient plus à chasser
le gaz carbonique et donc n’apporte plus d’oxygène aux racines.
Ø drainant, tout
en maintenant une bonne humidité (pas de stagnation de l’eau sinon risque de
pourriture des racines par asphyxie ).
Ø nourrissant (riche en oligo-éléments).
Ø de degré d’acidité (pH) correspondant à l’espèce.
La
granulométrie est la caractéristique essentielle d'un bon mélange de terre.
Elle doit être assez grosse pour permettre une bonne aération et un bon
drainage, mais assez fine et poreuse pour permettre une bonne rétention d'eau
et un développement de fines racines.
La
granulométrie dépend de l'espèce, de la taille, de l'âge de l'arbre et du stade
de formation. En règle générale, une terre à granulométrie de 2 à 6 mm est
utilisée. On élimine par tamisage la fine poussière et les gros grains.
La
capacité de rétention d'eau du mélange doit être adaptée à l'espèce, aux
habitudes d'arrosage, au climat. Des grains à structure poreuse retiennent plus
l'eau que des graviers à structure compacte. Ainsi les espèces préférant un sol
plutôt sec, comme les pins ou les genévriers, demanderont une plus forte
proportion de sable grossier ou de fin gravier alors que les espèces préférant
un sol plus humide, demanderont une plus forte proportion de matières poreuses.
Il est principalement composé de 4 éléments :
· terre humifère : riche en matières organiques, en humus, elle est généralement de couleur foncée presque noire. Elle va fournir aux bonsaï l'ensemble des éléments organiques nécessaires à leur survie. (ex :terreau)
· terre argileuse : modère les variations du Ph de la terre dues aux apports nutritifs et d’eau pure. Elle est capable de stocker les ions apportés par l’engrais pour les libérer ensuite. c’est elle qui assure le garde-manger de nos bonsaï. Sa principale propriété est la rétention en eau.(ex :akadama). Elle est également riche en oxyde de fer.
Attention : il existe de l’argile de mauvaise qualité qui durcit la terre et empêche les racines de respirer.
· terre sableuse : généralement de pH neutre, constitué de cristaux peu susceptibles de réagir avec l’eau ou les engrais. Elle n’apporte pas d’élément nutritif mais sa présence dans un mélange est indispensable pour assurer un bon drainage. Le sable utilisé en bonsaï est à gros grains. Éliminez ce qui passe par un tamis de 2 mm.
·
Le calcaire : provient principalement de la
lente décomposition des roches. Blanc et basique, il permet de neutraliser
l'acidité des sols. Il est par contre relativement neutre vis à vis de l'eau et
des engrais.
Lorsqu'on
effectue ses premiers mélanges terreux, lors d'un rempotage, on est souvent désemparé
face à la multitude des produits existants et des compositions des terreaux,
terres de bruyères et autres composts. Le choix est d'autant plus difficile
qu'il n'est jamais indiqué précisément les proportions d'humus, d'argile, de
sable ou de calcaire.
Pour
commencer, il faut avoir une idée des produits qui nous sont proposés :
Ø Les terres :
·
la terre de jardin : en général très pauvre en humus,
sa teneur en argile est bien trop élevée pour qu'un bonsaï puisse s'y
développer sans problème. Plus elle est noire, plus sa teneur en humus est
importante.
· Le terreau : C'est en réalité un mélange légèrement acide de compost, de tourbe et de fumier. En triant ce mélange et en ne gardant que la partie la plus fine, on dispose facilement d'un bon humus.
· La terre de bruyère : Très légère, noire, elle est acide et très pauvre. Le sable qu'elle contient assure un drainage minimal.
· Le compost : provient de la décomposition superficielle des végétaux. Très riche en humus, il est généralement acide.
· La tourbe : produit résultant de la décomposition centenaire de différentes mousses. Elle est très pauvre mais possède des propriétés physiques de rétention d'eau. Augmente l’acidité du mélange.
Ø Les matériaux drainant : non
poreux ou imperméables.
·
le
sable :
De torrent ou de rivière.
·
la
perlite :
Ø Les matériaux retenant l’eau :
poreux et perméables.
·
la
pouzzolane :
Lave volcanique concassée très stable de pH neutre.
Peu de rétention d’eau.
Apporte du fer ce qui est intéressant pour certains arbres familiers des carences de ce type.
·
la
lutite :
La lutite ou pelite est une argile
fossile du secondaire de couleur rouge-violet. C’est une terre de pH neutre.
Son intérêt est la fixation des ions des fertilisants qu'ils soient solides ou
liquides. Elle draine bien, mais retient un peu trop l'eau. A l'expérience, il
est préférable de lui adjoindre un sable grossier à gros grains.
Pour les amateurs européens, c’est la
terre de remplacement idéale de l’akadama.
Comme terre de culture, utiliser des
grains de 1.5mm à 5mm. Mélanger la lutite à du sable de rivière (30% de sable
pour les arbres à feuilles caduques et 70% de sable pour les conifères).
Il ne
faut pas oublier d'engraisser car la lutite n'apporte rien, ce n'est qu'un
support de culture.
·
Le tuf
zéolitique :
Le tuf zéolitique est une roche d'origine volcanique calcaire ayant la structure poreuse. Sa structure lui permet de stocker l’eau, l’air, ainsi que les substances minérales. Tous ces éléments sont mis à la disposition du bonsaï à sa demande.
·
l’akadama :
terre argileuse japonaise de couleur
rouge-orange, légèrement acide, d’origine japonaise.
structure de l’akadama :
grain
semi-durs de 2mm à 1cm:
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un grain
particules
qui forment les grains
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macro pores remplies d’air
micro pores qui gardent bien
l’humidité
·
la
kanuma :
Granulés d'origine japonaise utilisés pour les plantes de terre de bruyère comme les azalées. pH assez acide.
Ø Les matériaux organiques : Ils augmentent fortement la rétention d'eau et sont généralement acides. Ils constituent aussi une fumure de fond car ils sont progressivement transformés par les micro-organismes en substances assimilables par l'arbre.
·
Lombri-compost :
compost décomposé par des lombrics qui sécrètent une substance favorisant
l'enracinement.
·
Fumier
décomposé : C'est une fumure de fond. Il constitue une très bonne source de matières
organiques.
· Écorce de pin broyée : Se décompose lentement et retient peu l'eau. Favorise l’apparition de champignons « amis » : les mycorhizes.
Ø Amendements : permettent de corriger un substrat.
· cendre de bois : mise au fond du pot :
Ø elle absorbe l’excès d’humidité.
Ø
elle règle naturellement le pH du substrat en
améliorant l’activité bactériologique.
·
marc de
café : apports en potassium.
·
coquille
d’œuf : apports en calcium.
·
calcaire broyée
(coquille d’œuf, d’huître) : réduit l’acidité.
MATIERES |
CAPACITE DE
RETENTION |
APPORT
DE SUBSTANCES MINERALES |
STABILITE
DANS LE TEMPS |
DISPONIBILITE
EN EAU |
CAPACITE DE
DRAINAGE |
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EAU |
AIR |
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ORGANIQUES |
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tourbe noire |
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tourbe blonde |
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terreau |
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terre de jardin |
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écorce compostée |
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MINERALES |
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sable 0.2 – 2 mm |
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sable 2 – 6 mm |
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pouzzolane 8mm |
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argile |
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MATIERES |
CAPACITE DE
RETENTION |
APPORT
DE SUBSTANCES MINERALES |
STABILITE
DANS LE TEMPS |
DISPONIBILITE
EN EAU |
CAPACITE DE
DRAINAGE |
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EAU |
AIR |
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akadama |
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tuf zéolitique |
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lutite |
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perlite |
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∎ ∎
∎ excellent
Pour
une personne qui débute en bonsaï, et qui ne veut pas prendre de risques, le
rapport :
·
1/3 de terreau horticole.
·
1/3 de terre de jardin.
·
1/3 de sable (un peu plus pour les résineux).
· 2 parts de terre de jardin.
· 1 part de terreau horticole.
· 3 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).
· 2 parts de terre de jardin.
· 1 part de terreau horticole.
· 4 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).
· 3 parts de terre de jardin.
· 1 part de terreau horticole.
· 1 part de tourbe.
· 4 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).
· 1 part de terreau horticole.
· 1 part de tourbe.
· 2 parts de terre de bruyère.
Le drainage est réalisé avec de l’écorce de pin au fond du pot (pas de sable).
1. Pour qu’un mélange de terre soit prêt à l’emploi, il faut le préparer et le laisser environ 1 mois au repos.
2. Les terres ( de jardin, terreau, tourbe et de bruyère) sont tamisées au tamis moyen.
3. Ne réutiliser jamais de la vieille terre provenant d’un rempotage car elle n’a plus de qualité nutritive.
4. Si vous prélever de la terre en forêt ou en plein champ, observer les conditions de croissance des végétaux poussant à proximité. S’ils sont en bon état, c’est signe que le sol est bon.
5. Pour les végétaux recueillis dans la nature, la terre d’origine ne convient pas forcément car ils ont changé d’environnement.
6. Ne pas utiliser les matériaux calcaires en trop forte proportion : c'est un amendement qui modifie le pH de la terre d’où risque de chlorose (jaunissement des feuilles).
7. N’utiliser jamais de sable de mer.
8. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, les pots peu profond sèchent plus lentement que les pots profonds : dans les pots profonds, la colonne d’eau est plus grande et pèse plus, c’est pourquoi ils drainent plus vite.
9. Après un dépotage, la spiralisation des racines indique que celles-ci n’ont pas trouvé dans le mélange précédent les conditions d’oxygénation suffisantes. Par contre, un réseau de racines denses et bien ramifiées est un gage de santé et de parfait équilibre entre l’arbre et son mélange de terre.
10. Ce à quoi il faut penser au moment de faire un mélange de terre est la dimension des grains. C’est au moins aussi important que la composition du mélange :
-si nous plantons un arbre avec une fine ramification dans une terre à gros grains, les racines pousseront excessivement, et la ramification s’allongera.
-si nous voulons par contre que les branches d’un arbre poussent, nous utiliseront une terre à gros grains et nous arroserons plus souvent.
11. Les professionnels utilisent parfois des mélanges très drainant car ils peuvent arroser plusieurs fois par jour.
Date : 18-01-02