LES FEUILLUS

TAILLE DE FORMATION – TAILLE D’ENTRETIEN – TAILLE D’HIVER

 

1.       TAILLE DE FORMATION

§         C'est d'elle dont dépendra, pour une large part, la qualité du bonsaï.

§         la taille de formation a pour but de structurer l'arbre en fonction de la forme souhaitée.

§         Elle peut être entreprise :

Ø      très tôt sur un arbre obtenu par semis ou par multiplication végétative (bouturage, greffe, marcottage).

Ø      ou beaucoup plus tard sur un arbre collecté dans la nature (yamadori) : en effet, les 1ières tailles sont surtout faites pour équilibrer la masse foliaire avec la masse de racines pour une bonne reprise de l’arbre. Au bout de 3 ans minimum, quand l’arbre a vraiment repris de la puissance, on peut commencer à éliminer les branches indésirables.

§         Quelques règles de base :

ü      on supprime toujours une branche sur deux au ras du tronc, lorsqu'elles se font face : on obtient ainsi une structure alternée des branches.

ü      couper une branche parasite se développant à la base du tronc d'un bonsaï à forme en balai.

ü      de même, il sera nécessaire de tailler la cime d'un sujet que l'on souhaite ramifier fortement.

Les suppressions de branches devront être effectuées avec discernement, car il est aisé de comprendre qu'une branche coupée au ras du tronc, par exemple, ne repoussera jamais.

§         Les coupes doivent être franches afin que l'arbre puisse cicatriser rapidement. On utilise des pinces coupantes dont les mâchoires permettent d'obtenir une coupe légèrement incurvée (pinces concaves). Pour les branches relativement importantes, le creux ainsi formé dans le tronc sera rebouché avec de la pâte de cicatrisation.

Dans tous les cas, les outils doivent être particulièrement tranchants et surtout très propres. Après chaque arbre, il n'est pas inutile de passer la flamme d'un briquet sur le tranchant des lames afin de les désinfecter, ce qui évite tout risque de transmission des maladies virales.

2.      TAILLE D’ENTRETIEN

§         Elle est au moins aussi importante que la taille de formation, puisqu'elle contribue, elle aussi, jour après jour, à perfectionner la forme de l'arbre, pour lui permettre d'atteindre très exactement le style recherché.

§         Cette taille est réalisée tout au long de la période de végétation quand les pousses commencent à se lignifier (car avant on freine le bourgeonnement).

§         La taille d'entretien permet :

Ø      de limiter la croissance du bonsaï.

Ø      de lui conserver une forme proche du style de départ.

Ø      d'éviter une pousse des branches dans tous les sens.

Ø      de développer une fine ramification.

Ø      De permettre à la lumière de bien pénétrer à l'intérieur de la masse de feuillage sous peine d'avoir des arbres vides et secs à l'intérieur et verts à la périphérie.

§         Pour réaliser cette taille j'utilise principalement les ciseaux : longs pour aller à l'intérieur de la ramure, les ciseaux courts pour les branches un peu plus grosses.

§         On devrait parler "des" tailles d'entretien :

Ø      d'une part, on peut être amener à tailler plusieurs fois un même arbre pendant sa période végétative :

ü      La taille des pousses d'un érable se répétera plusieurs fois dans la saison,

ü      La taille de l'aubépine n'interviendra que deux fois (en juin et en septembre).

ü      La taille du hêtre se fera en une seule fois.

Ø      mais surtout parce qu'il existe différentes techniques de taille d’entretien en fonction des espèces et des variétés.

ü      par ébourgeonnage :

Il consiste à faire sauter les bourgeons en les pinçant avec les ongles, lors de l'apparition des premières pousses. Il intervient normalement au début du printemps, mais peut être pratiqué plusieurs fois dans l'année sur certains sujets (orme, érable, charme, par exemple). Effectué de façon répétitive, il conduit à la formation de feuilles plus petites. Cette opération éprouve quelque peu l'arbre et doit être accompagnée d'apports d'engrais réguliers, mais sans excès.

ü      par réduction de la taille de feuilles : défoliation totale ou partielle.

v      se réalise à la fin du printemps et au plus tard avant la fin du mois de juillet.

v      cette opération radicale ne peut être entreprise que si l'arbre est vigoureux et en bonne santé.

v      Attention : la défoliation est une épreuve pour l'arbre et ne devra pas être réalisée tous les ans mais plutôt tous les 2 ou 3 ans.

v      Les feuilles ne seront pas arrachées mais coupées avec des ciseaux pour ne pas abîmer les bourgeons axillaires. La coupe se fera en retirant les 3/4 du pétiole.

v      Après la taille des feuilles ou une défoliation vous devrez diminuer la fréquence des arrosages afin d'éviter un risque de pourriture des racines. En effet, n'ayant plus de feuilles il n'y a plus évaporation et donc moins besoin d'eau.

v     Attendre le redémarrage de la végétation avant de reprendre une fertilisation.

ü      en raccourcissant les pousses pour endiguer leur développement.

q       Cas particulier des oliviers :

Les techniques de taille et de défoliation doivent être réaliser ensemble pour obtenir une bonne ramification :

1.      Tailler la branche à la longueur souhaitée.

2.      Défolier la branche en ne gardant que les 2 dernières feuilles de l’extrémité. (pour appel de sève).

Cette circulation de sève provoque le réveil des bourgeons situés aux aisselles des feuilles coupées.

Lorsque les bourgeons sont devenus de jeunes rameaux, il faut les traiter à leur tour de la même façon. On peut obtenir ainsi plusieurs pousses par an.

§         Il est important de définir au préalable si votre arbre a des feuilles qui poussent de façon opposée ou en alternance :

Ø      Feuilles alternes (par ex : prunus, ormes, zelkovas).


On dit de "couper à deux ou trois feuilles" : Ca signifie principalement que l'on va choisir la feuille au dessus de laquelle il faut couper. Le bourgeon dormant à la base de la feuille (bourgeon axillaire) donnera une nouvelle pousse qui aura l'orientation exacte de la feuille. Ca veut dire qu'il faut choisir une feuille qui va vers l'extérieur.

 

Une coupe après une feuille dirigée vers le haut provoquera un développement du rameau vers le haut : à proscrire.

Par contre, une coupe effectuée après une feuille dirigée vers le bas provoquera un développement du rameau dans le prolongement de la branche. C’est la bonne façon de procéder.

Cas du hêtre : pincer les jeunes pousses quand elles sont encore tendres en laissant 1 ou 2 feuilles.

 

Ø      Feuilles opposées (par ex : érables).

ü      Travaux de printemps :

Couper avec les ongles la nouvelle pousse entre les deux premières feuilles. La petite tige va noircir et tomber sans laisser de cicatrices. Cette taille est indispensable pour avoir des entre nœuds courts et une ramure bien serrée. Les feuilles d'origine vont continuer à grandir, elles pourront être supprimées au moment de la défoliation partielle au mois de juin.

 

 

 

 

 

 

 


ü      Travaux d’été :

Malgré les techniques de pincement, il suffit de quelques jours de pluie et ça pousse de façon échevelée. Couper tout ce qui dépasse pour conserver la forme de votre arbre. Il faudra de toutes façons rectifier en hiver quand les feuilles seront tombées et que le moindre défaut sera visible.

Une taille courte (2 ou 3 feuilles) se réalise sur des rameaux biens placés et bien proportionnés. Une taille plus longue (4 ou 5 feuilles) se réalise pour prolonger une branche par exemple.

 

 

 

 

 


En soi, des feuilles opposées ne sont pas un problème. Cependant les pousses opposées donneront à terme des branches opposées du plus mauvais effet. Supprimer une des deux branches. Certains arbres n'insistent pas. D'autres essaient de refaire un bourgeon dans l'axe de la branche restante. Il faut le supprimer avant qu'il ne se développe...et voir qui est le plus entêté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ø      Cas des feuilles composées (par ex frênes : feuilles composées opposées).

La feuille composée est plus difficile à gérer. A la regarder, on pourrait croire qu'il s'agit d'un rameau mais si vous ôtez ce qui semble être une feuille, il ne se passera rien. Le bourgeon est à la base de cet ensemble de "feuilles" qui doit être considéré comme une feuille à part entière.

3.      TAILLE D’HIVER OU TAILLE DE STRUCTURE

§         Cette taille se pratique vers la fin de l'hiver (janvier – février). Elle concerne les grosses et moyennes branches. Pour ce genre de travail il faut utiliser les pinces concaves.

§         En cette saison toutes les feuilles sont tombées, les défauts éventuels de la ramure apparaissent nettement. Une fois décidé la forme que vous souhaitez obtenir, vous allez définir les branches principales qui définissent l'ossature de l'arbre. En partant du bas, une première branche à gauche où à droite, une branche d'équilibre de l'autre coté, une branche à l'arrière pour la profondeur et surtout la hauteur de la cime. Toutes les autres branches devront être en harmonie avec ces premières branches et s'inscrire dans le triangle formé par le haut de l'apex et la pointe des branches basses. Supprimer tout ce qui ne s'inscrit pas dans la forme souhaitée et tout ce qui rompt l'harmonie. Couper toutes les branches qui :

Ø      se gênent,

Ø      se croisent,

Ø      présentent des entre-nœuds trop long,

Ø      poussent vers l'intérieur de l'arbre,

Ø      piquent vers le haut ou vont à angle droit vers le bas,

Ø      poussent à l’aisselle d’autres branches,

Ø      ne rentrent plus dans la forme générale de l’arbre.

§         Il se peut aussi que l'apex (la cime) se voit encombré de pas mal de nouvelles petites branches. Il faut supprimer toutes les branches excédentaires sinon, l'année prochaine, l'afflux de sève sera encore plus puissant à la cime au détriment des branches basses.

§         Il peut arriver aussi qu'une branche ait trop grossi et qu'elle rompe l'harmonie de l'arbre. Il faut alors la supprimer si une autre branche peut prendre le relais. Dans ce cas, une mauvaise branche poussée à l'aisselle d'une branche existante peut être conservée à la place de la banche existante.

§         Les règles énumérés dans la taille de formation concernant les coupes incurvées et la propreté des outils restent évidemment d’actualité.

 

 

3.1 Le Hêtre :

§         enlever avec les doigts tous les bourgeons en septembre- octobre avec beaucoup d’engrais d’automne. Il se produira pour le printemps suivant un bourgeonnement x10 ! !

§         Observer attentivement en hiver la grandeur des bourgeons et enlever les bourgeons les plus forts.

§         Les hêtres ont l’habitude de concentrer leur force dans la pointe des branches. Il est important de les tailler chaque année en automne afin d’équilibrer la vigueur des branches. On protégera ainsi les bourgeons faibles de l’intérieur qui, sinon, finiraient par sécher. Tailler à cette époque permet aux hêtres durant l’hiver de terminer la formation des bourgeons restants. Si on taille plus tard, lorsque les bourgeons sont déjà bien formés, on perdra une bonne partie de la vigueur et du rééquilibrage. On peut enlever les bourgeons forts avec les doigts, mais si on n’arrache pas la base, les hêtres recommenceront à développer des bourgeons forts dans ces parties. C’est pourquoi, il est préférable de bien couper avec des ciseaux.